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chapitre xv

deux ans sans communier, et son directeur fut obligé de le ramener de force dans le droit chemin. Sa charité était sans bornes, et, pour mieux soulager les pauvres il acheta un métier et se mit à faire des bas. Après une vie très sainte, il mourut le 1er mai 1727 de la manière la plus édifiante, à l’âge de trente-sept ans. appelant et réappelant comme son archevêque. Il fut enterré très simplement dans le petit cimetière de Saint-Médard, sa paroisse. Sa tombe se trouvait dans l’axe de l’église, à l’extrémité d’un carré qui avait tout juste vingt-sept pieds, (neuf mètres) de côté[1]. C’est ce petit coin de terre qui est devenu presque aussitôt le théâtre de phénomènes qui ont étonné le monde.

Le jour même de l’enterrement du diacre Paris, une vieille femme dont le bras était paralysé depuis vingt-cinq ans fut guérie en touchant la bière de celui que la foule considérait comme un saint. Anne Le Franc fut guérie le 3 novembre 1730 ; mais les guérisons soudaines commencèrent à se multiplier à dater du mois de juin 1731, et c’est alors que certains malades éprouvèrent des mouvements convulsifs dans le petit cimetière. Les almanachs jansénistes, si précieux pour l’histoire, relatent le 7 août 1731 ce qu’ils appellent la punition miraculeuse de la veuve Delorme, venue à Saint-Médard par dérision et frappée sur le tombeau même de paralysie soudaine. Transportée à l’Hôtel-Dieu, elle avoua sa faute par-devant notaire en présence de vingt-sept témoins, et elle fut emprisonnée pour avoir fait cette déclaration. L’opinion publique commença dès lors à s’émouvoir ; vingt-quatre curés de Paris

  1. Je l’ai mesuré exactement avant que l’on n’ait construit sur son emplacement une chapelle des catéchismes. Il reste encore, entre cette chapelle et l’église, une des arcades de l’ancien charnier.