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histoire du mouvement janséniste

aussitôt recours à ses procédés ordinaires. Vintimille déposa Mme de Coëtquen et une lettre de cachet l’envoya comme prisonnière à Jarcy-en-Brie. Elle y mourut six ans plus tard en 1345, sans obtenir même les honneurs de la sépulture. Toutes les Calvairiennes de Paris furent exilées successivement, et le triomphe de la Bulle fut assuré quand on eut remplacé toutes les opposantes par des filles ignorantes ou fanatisées qu’on fit venir de tous côtés.

C’est ainsi que finit la lutte dans tous les monastères de filles qui furent attaqués ; mais de toutes les religieuses ainsi persécutées, aucunes n’eurent plus à souffrir que les Ursulines, congrégation enseignante qui suivait la règle de saint Augustin et qui avait sur la grâce des sentiments augustiniens. Elles avaient des établissements prospères dans toute la France, et l’éducation qu’elles donnaient aux jeunes filles. était très appréciée par les familles chrétiennes. Il n’en fallut pas davantage pour attirer sur elles le feu de la, persécution. On peut voir dans la Table des Nouvelles ecclésiastiques publiée en 1761, l’histoire détaillée de leurs tribulations dans plus de trente maisons de leur ordre. Elles furent plus maltraitées que partout ailleurs, à Montpellier, à Pontoise et à Troyes, où l’on commença par renvoyer toutes leurs pensionnaires comme on l’avait fait à Port-Royal en 1661 et en 1679.

La ressemblance avec Port-Royal est d’ailleurs ce qui frappe le plus vivement quand on lit la douloureuse histoire des Bénédictines du couvent de la Fidélité à Saumur, histoire qui vient de faire l’objet d’une étude sérieuse, solide et profondément honnête[1]. Ces

  1. Un Port-Royal saumurois ; les Religieuses de la Fidélité de Saumur, par Louis Delaunay. Angers, 1917.