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histoire du mouvement janséniste

dans les paroisses[1] et qui ne se demandait pas si les sacrilèges n’auraient pas diminué dans la même proportion. Les bons Pères allaient jusqu’à demander une Saint-Barthélémy de jansénistes. Anne d’Autriche ne voulait pas aller jusque là ; elle donna du moins au docteur Arnauld l’ordre de quitter immédiatement Paris pour aller se justifier à Rome, près des cachots du Saint-Office. Mais les évêques de France, le Parlement et la Sorbonne eurent un sursaut d’énergie, ils intervinrent officiellement et la reine dut céder. Arnauld en fut quitte pour se cacher comme il le fit dans la suite durant près de quarante ans. Il composa dans sa retraite une suite à sa Fréquente Communion, un volume intitulé Tradition de l’Église sur le sujet de la pénitence et de la communion. C’est une simple traduction des Pères Grecs et latins et des auteurs modernes les plus célèbres y compris sainte Thérèse, saint François de Sales et le cardinal de Bérulle. Arnauld s’est souvenu alors qu’il était fils d’avocat et qu’il aurait volontiers suivi le barreau ; il a placé en tête de son ouvrage un discours à la reine régente qui est un beau morceau d’éloquence et un plaidoyer très vif contre le Père Pétau son principal accusateur ; on y voit aussi (p. 31 et 32) une peinture intéressante des Jésuites considérés comme cabaleurs. Ce livre ne fut ni attaqué ni réfuté.

Entre temps, les approbateurs de la Fréquente Communion écrivirent au pape Urbain VIII pour se justifier et pour se plaindre des Jésuites ; et un docteur de Sorbonne fut envoyé à Rome pour suivre cette affaire. Il partit en avril 1645 ; les négociations durèrent un an.

  1. 3.000 communiants de moins à Saint-Sulpice et 1.500 à Saint-Nicolas du Chardonnet. Lettre de saint Vincent de Paul à M. d’Orgny, 25 juin 1648.