Page:Genoude - Les Pères de l'Eglise, vol. 4.djvu/436

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ces jouissances. Pourquoi tant d’échansons occupés à verser tant de liqueurs différentes, lorsqu’il suffit d’un verre d’eau pour apaiser la soif ? Pourquoi encore tant d’habits magnifiques, de riches ornements, de meubles et de vases d’or ? Hélas ! Pour rassasier des hommes avares et corrompus dont les mains et les yeux sont insatiables. « Que l’aumône et la foi ne vous quittent point, » nous dit l’Écriture. Choisissons l’exemple du prophète Élie pour montrer tout le cas que le Seigneur fait de la frugalité. Ce saint prophète, assis sous un arbre dans le désert, attend sa nourriture du ciel. Un ange lui apporte un pain d’orge cuit sous la cendre et un vase rempli d’eau. Tel est le repas que Dieu lui envoie. Nous donc qui marchons avec ardeur dans les voies de la vérité, dépouillons-nous, pour l’atteindre, de tout inutile bagage. « Ne portez dans votre voyage, nous dit le Seigneur, ni bourse, ni sac, ni chaussure. » C’est-à-dire ne possédez point des richesses qui s’enferment dans une bourse. Ne remplissez point vos greniers de froment, mais distribuez-le aux pauvres. Enfin ne vous embarrassez point d’une foule de domestiques et de bêtes de somme qui, étant occupés à porter les bagages, sont appelés ici par allégorie la chaussure des riches. Nous devons donc rejeter cette quantité de meubles et de vases d’or et d’argent, cette foule inutile de domestiques, puisque notre maître divin nous donne de sûrs et d’honorables moyens de le suivre, en nous apprenant à nous servir nous-mêmes et à vivre contents de peu. Nous devons marcher dans la route qu’il nous a tracée de manière à mériter d’être reçus par lui quand nous arriverons ; et si quelqu’un de nous a une femme et des enfants, ils ne l’empêcheront point d’avancer dans cette route sainte ; mais il leur apprendra, au contraire, à y marcher avec la même constance que lui. La femme qui aime son mari doit être instruite et formée à le suivre. Le bagage qu’on doit prendre dans ce beau chemin qui conduit au ciel, c’est une frugalité qui ne se dément jamais, unie à une sage modération. Comme le pied est la mesure du soulier, ainsi ce que le corps exige nécessairement est la mesure exacte de ce que nous devons posséder. Tout ce que nous possédons au-delà, soit