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SAINT CLÉMENT D’ALEXANDRIE.

rien désirer qui soit injuste, et lui font obtenir tout ce qu’il désire. Comment donc ne serait-il pas riche, puisque toutes ses demandes étant saintes et exaucées, il possède Dieu lui-même, trésor éternel et inépuisable. « On donnera à celui qui demande, on ouvrira à celui qui frappe. » Vous le voyez, ceux à qui Dieu ne refuse rien à cause de leur vertu et de leur piété, ne manquent de rien et possèdent tout.


CHAPITRE VII.

La frugalité est sur la terre l’appui et l’ornement du Chrétien.


Les molles délices de la volupté perdent les hommes, qui n’ont plus bientôt aucun goût pour la vertu et pour les plaisirs simples et modérés qu’elle donne. Une mollesse honteuse dévore la gloire et la louange de leur vie. C’est en vain que l’excellence et l’élévation de leur nature les portent incessamment vers la connaissance et la possession de cette vérité unique et éternelle dont ils sont l’ouvrage, la volupté les en éloigne ; et leur vie, d’auguste et de sublime qu’elle eût dû être, n’est plus digne que d’opprobre, de ridicule et de mépris. Rien n’est plus éloigné de la vie divine que cet amour de la volupté et cette habitude de suivre tous les grossiers appétits du corps comme les plus vils animaux. Il n’y a que les hommes qui n’ont absolument aucune idée de ce qui est bon et honnête qui puissent croire que la volupté soit un bien. Un désir immodéré des richesses les écarte surtout des voies droites de la raison, car il leur persuade de dépouiller toute pudeur et de commettre les actions les plus honteuses, afin de pouvoir, sans obstacle et comme la brute, satisfaire leur gourmandise et leur lubricité. De là vient qu’il en est si peu qui parviennent à cet éternel bonheur que Dieu avait préparé pour tous. Pourquoi tant de mets différents ? N’est-ce point pour apaiser la faim d’un seul homme ? Les ordures qui sortent de nos corps après les jouissances du festin accusent assez la bassesse et la vile honte de