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ESCAL-VIGOR

dit Claudie. Dans tous les cas, c’est nous faire bien de l’honneur. Nous vous en serons même reconnaissants pour lui. Mais n’allez pas nous en vouloir si le garnement ne profite pas de vos conseils et de vos soins.


Le jour suivant, le Dykgrave poussa jusqu’aux bruyères de Klaarvatsch. Il eut bientôt avisé le petit gars dans un groupe de polissons déguenillés, accroupis autour d’un feu de brindilles et de racines sur lequel ils grillaient des pommes de terre. À l’approche du cavalier, tous se mirent debout, et, à l’exception de Guidon, coururent se blottir, effarés, derrière les broussailles. Le jeune Govaertz, se faisant une visière de la main, regarda bravement le comte de Kehlmark.

— Ah, c’est toi, petit ! l’interpella Kehlmark. Viens ici, veux-tu, et tiens un instant mon cheval pendant que j’arrangerai mes étriers ?…

Le jeune homme approcha, confiant, et prit les rênes. Tout en raccourcissant les courroies, opération qui n’était pour Henry qu’un prétexte, un moyen de se donner une contenance, il l’observait du coin de l’œil, ne sachant comment entamer la conversation, tandis que le gamin, de son côté,