Page:Georges Eekhoud - Escal-Vigor.djvu/202

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VIII

Demeuré seul, pour la première fois l’idée vint à Kehlmark de parcourir ses livres de comptes ; de s’édifier par lui-même sur l’état de ses affaires. Il avait donné sa procuration à Blandine. C’est elle qui gérait sa fortune. Il savait dans quel meuble elle serrait les pièces relatives à la comptabilité. La clef n’était point sur le tiroir. Sans hésiter il fit sauter la serrure. Et le voilà furetant parmi les paperasses ; parcourant des colonnes de chiffres, des actes notariés… Avant qu’il soit arrivé au bout de ses vérifications, il a vu clair : il est aussi bien que ruiné. L’Escal-Vigor est à peu près la seule de ses terres qui ne soit hypothéquée. Mais alors d’où vient l’argent par lequel on subvient à son faste, à ses largesses, à son train de vie princier ?