Page:Georges Eekhoud - Escal-Vigor.djvu/264

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V

Depuis le départ de son ami, le comte de Kehlmark n’avait plus eu de repos. Il ne tenait plus en place. Son agitation augmentait à mesure que la kermesse lointaine approchait de son plus haut période de frénésie. Il suffoquait comme dans l’attente d’un orage lent à éclater.

— Quelle tourmente de plaisir ! disait-il à Blandine, qui s’efforçait, maternelle et balsamique, de le distraire de son accablement. Jamais ils n’ont mené pareil sabbat ! À entendre ces clameurs, on dirait qu’ils s’amusent à s’entr’égorger !

Les autres années, la cacophonie, le hourvari forain, pétarades, sifflets, orgues et pistons, ne lui parvenaient point en rafales tellement significatives. Aujourd’hui aussi, cette atmosphère élec-