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celui-ci jusqu’au module de 120 doigts carrés. Frontin indique leur valeur en fonction du diamètre, du périmètre et du nombre de quinaires qu’ils représentent[1]. Le tableau de la page 329. permettra d’avoir une vue d’ensemble sur la valeur de ces divers modules. Il est emprunté à l’ouvrage de M. Lanciani[2].

Le grand défaut de ce système résidait dans le changement d’unité à partir du vicenaire, et l’anomalie est d’autant plus évidente que c’était toujours par le nombre de quinaires que les débits s’évaluaient, malgré le nom chiffré des tuyaux. C’était une source continuelle d’erreurs et de fraudes. Les fontainiers profitaient de la confusion pour diminuer ou augmenter, suivant leur intérêt, le diamètre des tuyaux les plus usuels. Comme l’eau arrivait aux châteaux secondaires généralement par des tuyaux de 100 et de 120, ils en augmentaient un peu le diamètre, tandis qu’ils diminuaient, celui du vicenaire. Recevant ainsi plus qu’ils ne distribuaient aux concessionnaires légitimes, ils vendaient le surplus à leur profit, comptant sur l’excuse de l’erreur s’ils étaient pris en faute. Nous verrons plus loin qu’on prit contre ce genre de fraude des mesures sévères.

Evaluation du quinaire, unité modulaire de Frontin. — Reste à expliquer comment le quinaire, qui n’apparaît, d’après le texte de Frontin, que comme une mesure de surface, ou si l’on veut, de section tubulaire, et non comme une mesure de capacité, servait à évaluer le débit.

Des tubes de prise d’eau, en bronze[3], dont les centres étaient placés sur une même ligne horizontale, traversaient la paroi de chaque château d’eau. Ces tubes, nommés calices, étaient de modules définis divers, d’après le système du quinaire, qui vient

  1. De Aquis, 39 à 63.
  2. Ouvr. cité, p. 358-359. Ce tableau est fait exactement d’après le texte de Frontin. Je n’ai pas reproduit les chiffres représentant le poids des tuyaux de 10 mètres de long ; aussi bien Frontin ne les donne-t-il pas, ce qui est naturel, car l’épaisseur pouvait varier suivant la charge que ces tuyaux avaient à supporter. Les évaluations en mètres cubes par 24 heures ne sont pas transcrites non plus, la valeur du quinaire en débit n’étant pas rigoureusement fixée.
  3. « Excogilatus videtur (modulus æneus), quoniam rigore æris difficiliore ad flexum non timeri potest laxari vel coaretari formulas modulorum. »
    « On a imaginé de faire ces modules en bronze, parce que, grâce à la dureté de ce métal qui ploie difficilement, on n’a pas à craindre que les tuyaux s’élargissent ou se resserrent. » (De Aquis, 36.)