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DE L'EMPIRE ROMAIN. CHAP. III.

revêtue pour toute sa vie, lorsque le général de l’armée devint en même temps le ministre du sénat et le représentant du peuple, il fut impossible de résister à l’autorité impériale ; l’on eût même entrepris difficilement d’en tracer les limites.

Prérogatives impériales.

À cette accumulation d’honneurs, la politique d’Auguste ajouta bientôt les brillantes et importantes dignités de grand pontife et de censeur : l’une lui donnait le droit de veiller à la religion, l’autre une inspection légale sur les mœurs et sur les fortunes du peuple romain. Si la nature particulière de tant de pouvoirs distincts, et jusque alors séparés l’un de l’autre, apportait quelque obstacle à leur réunion dans une même main, la complaisance du sénat était prête à faire disparaître ces inconvéniens et à remplir tous les intervalles par les concessions les plus étendues. Les empereurs étaient les premiers ministres de la république : comme tels, ils furent dispensés de l’obligation et de la peine de plusieurs lois incommodes. Ils pouvaient convoquer le sénat, proposer dans le même jour plusieurs questions, présenter les candidats destinés aux grandes charges, étendre les limites de la ville, disposer à leur gré des revenus de l’état, faire la paix et la guerre, ratifier les traités ; enfin, en vertu d’un pouvoir encore

    vrais intérêts du peuple : tel fut le sort des deux Gracchus si injustement calomniés par les grands, et si lâchement abandonnés par ce peuple dont ils avaient embrassé la cause. (Note de l’Éditeur.)