Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/353

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


L’empereur, emporté par son zèle, entreprit de déposer dans ce temple, comme dans le centre commun de la religion romaine, les ancilia, le palladium[1] et tous les gages sacrés du culte de Numa. Une foule de divinités inférieures remplissaient des places différentes auprès du superbe dieu d’Émèse ; cependant il manquait à sa cour une compagne d’un ordre supérieur qui partageât son lit. Pallas fut d’abord choisie pour être son épouse ; mais on craignit que son air guerrier n’effrayât un dieu accoutumé à la mollesse efféminée de l’Orient. La lune, que les Africains adoraient sous le nom d’Astarté, parut convenir mieux au Soleil. L’image de cette déesse, et les riches offrandes de son temple, qu’elle donnait à son mari, furent transportées de Carthage à Rome avec la plus grande pompe ; et le jour de cette alliance mystique fut célébré généralement dans la capitale et dans tout l’empire[2].

Ses débauches et son luxe effréné.

L’homme sensuel qui n’est point sourd à la voix de la raison, respecte dans ses plaisirs les bornes

  1. Il força le sanctuaire de Vesta, et il en emporta une statue qu’il croyait être le Palladium ; mais les vestales se vantèrent d’avoir, par une pieuse fraude, trompé le sacrilège en lui présentant une fausse image de la déesse. (Hist. Aug., p. 103.)
  2. Dion, l. LXXIX, p. 1360 ; Hérodien, l. V, p. 193. Les sujets de l’empire furent obligés de faire de riches présens aux nouveaux époux. Mammée, dans la suite, exigea des Romains tout ce qu’ils avaient promis pendant la vie d’Héliogabale.