Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/383

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


du pays, forcés à s’ensevelir dans leurs mines, et à travailler pour des étrangers, présente le même tableau que l’histoire de l’Amérique espagnole[1]. Les Phéniciens ne connaissaient que les côtes de l’Espagne. L’ambition et l’avarice portèrent les Carthaginois et les Romains à pénétrer dans le cœur de cette contrée ; et ils découvrirent que la terre renfermait presque partout du cuivre, de l’argent et de l’or. On parle d’une mine près de Carthagène, qui rapportait par jour vingt cinq mille drachmes d’argent, ou près de trois cent mille livres sterling par an[2]. Les provinces d’Asturie, de Galice et de Lusitanie donnaient annuellement vingt mille livres pesant d’or[3].

De l’île de Gyare.

Nous n’avons point assez de loisir, et nous manquons de matériaux, pour continuer ces recherches curieuses, et pour connaître les tributs que payaient tant d’états puissans, qui furent confondus dans l’Empire romain : cependant, en considérant l’attention sévère avec laquelle les tributs étaient levés dans les provinces les plus stériles et les plus désertes, nous pourrons nous former quelque idée du revenu de ces provinces dans le sein desquelles d’immenses ri-

  1. Diodore de Sicile, l. V. Cadix fut bâti par les Phéniciens un peu plus de mille ans avant la naissance de Jésus-Christ. Voyez Velleius-Paterculus, I, 2.
  2. Strabon, l. III, p. 148.
  3. Pline, Hist. nat., l. XXXIII, c. 3. Il parle aussi d’une mine d’argent en Dalmatie, qui en fournissait par jour cinquante livres à l’état.