Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/419

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curer une mort glorieuse sur le champ de bataille. Son père, qui n’avait régné que trente-six jours, mit fin à sa vie dès qu’il apprit cette défaite. Carthage, sans défense, ouvrit ses portes au vainqueur, et l’Afrique se trouva exposée à l’avidité cruelle d’un esclave qui, pour plaire à son maître, était obligé de paraître devant lui avec d’immenses trésors, et les mains teintes du sang d’un grand nombre de citoyens[1].

Maxime et Balbin déclarés empereurs par le sénat. 9 juillet.

Le sort imprévu des Gordiens remplit Rome d’une juste terreur. Le sénat, convoqué dans le temple de la Concorde, affecta de s’occuper des affaires du jour ; il tremblait d’envisager les malheurs dont il était menacé. Le silence et la consternation régnaient dans toute l’assemblée, lorsqu’un sénateur, du nom et de la famille de Trajan, entreprit de relever le courage de ses concitoyens. Il leur représenta que depuis long-temps il n’était plus en leur pouvoir de temporiser ni d’user de réserve ; que Maximin, naturellement implacable et irrité par leurs dernières démarches, s’avançait vers l’Italie, à la tête de toutes les forces de l’empire ; que, pour eux, il ne leur restait d’autre alternative que d’aller dans la plaine

  1. Hérodien, l. VII, p. 254 ; Hist. Aug., p. 150-160. Au lieu d’un an et six mois pour le règne de Gordien, ce qui est absurde, il faut lire d’après Casaubon et Panvinius, un mois et six jours. Voyez Comment., p. 193. Zosime rapporte (l. I, p. 17) que les deux Gordiens périrent par une tempête au milieu de leur navigation ; étrange ignorance de l’histoire, ou étrange abus des métaphores !