Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/257

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


lois romaines. Le consul s’adressant alors à Tacite, le premier des sénateurs[1], lui demanda son avis sur le choix important d’un nouveau candidat à la dignité impériale.

Caractère de Tacite.

Si le mérite personnel peut nous paraître au-dessus d’une grandeur empruntée, l’extraction de Tacite doit être à nos yeux plus véritablement noble que celle des souverains ; il descendait de l’historien philosophe, dont les écrits immortels éclaireront la postérité la plus reculée[2]. Le sénateur Tacite était alors âgé de soixante-quinze ans[3]. Les richesses et les honneurs avaient embelli le cours de sa vie innocente ; il avait été revêtu deux fois de la dignité consulaire[4]. Possesseur d’un patrimoine de deux ou trois millions sterl., il vivait honorablement et sans faste[5]. L’expérience qu’il avait acquise sous

  1. Vopiscus (Hist. Aug., p. 227) l’appelle primæ sententiæ consularis, et bientôt princeps senatûs. Il est naturel de supposer que les monarques de Rome, dédaignant cet humble titre, le cédaient au plus ancien des sénateurs.
  2. La seule objection que l’on puisse faire à cette généalogie, est que l’historien se nommait Cornelius, et l’empereur Claudius ; mais dans le Bas-Empire les surnoms étaient extrêmement variés et incertains.
  3. Zonare, l. XII, p. 637. La Chronique d’Alexandrie, par une méprise évidente, attribue cet âge à l’empereur Aurélien.
  4. Il avait été consul ordinaire en 273 ; mais il avait sûrement été suffectus plusieurs années auparavant, vraisemblablement sous Valérien.
  5. Bis millies octingenties. Vopiscus, Hist. Aug., p. 229. Sur le pied où avait été mise la monnaie, cette somme équi-