Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/460

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d’épées. Le combat était demeuré incertain depuis la pointe du jour jusqu’aux approches de la nuit, lorsque l’aile droite, que Constantin commandait en personne, détermina la victoire par une attaque vigoureuse. Une sage retraite sauva le reste des troupes de Licinius. Mais dès que ce prince eut reconnu sa perte, qui se montait à plus de vingt mille hommes, il ne se crut pas en sûreté pendant la nuit devant un adversaire actif et victorieux : abandonnant son camp et ses magasins il marcha secrètement et avec diligence à la tête de la plus grande partie de sa cavalerie, et il se trouva bientôt hors de tout danger. Sa célérité fut le salut de sa femme, de son fils et de ses trésors qu’il avait laissés dans Sirmium. Licinius traversa cette ville ; et après avoir rompu le pont sur la Save, il se hâta de lever une nouvelle armée dans la Dacie et en Thrace : tandis qu’il fuyait, il accorda le titre de César à Valens, un de ses généraux, qui commandait sur la frontière d’Illyrie[1].

Bataille de Mardie.

La plaine de Mardie, dans la Thrace, fut le théâtre d’une seconde bataille aussi opiniâtre et non moins sanglante que la première. Les troupes des deux partis déployèrent une valeur et une discipline égales ; la victoire fut encore une fois fixée par l’habileté supérieure de Constantin. Ce prince avait envoyé un corps de cinq mille hommes s’emparer d’une hau-

  1. Zosime (l. II, p. 90, 91) donne un détail très-circonstancié de cette bataille ; mais les descriptions de Zosime sont plutôt d’un rhéteur que d’un militaire.