Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/124

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dans toutes les provinces de l’empire des médailles et des peintures où il était représenté dans la posture humble et suppliante de la dévotion chrétienne[1].

Remise de son baptême au moment de sa mort.

On ne peut pas aisément expliquer ou excuser l’orgueil qui fit refuser à Constantin la qualité de catéchumène ; mais on explique aisément le retard de son baptême par les maximes et la pratique ecclésiastique de l’antiquité. Les évêques administraient régulièrement eux-mêmes le sacrement du baptême[2], avec l’assistance de leur clergé, dans la cathédrale de leur diocèse, durant les cinquante jours qui séparent la fête de Pâques de celle de la Pentecôte ; et cette sainte saison faisait entrer un grand nombre d’enfans et de personnes adultes dans le giron de l’Église. La sagesse des parens suspendait souvent le baptême de leurs enfans jusqu’au moment où ils étaient en état d’apprécier les obligations que leur imposait ce sacrement : la sévérité des évêques exigeait un noviciat de deux ou trois ans des nouveaux convertis, et les catéchumènes eux-mêmes,

  1. Eusèb., in vit. Constant., l. IV, c. 15, 16.
  2. La théorie et la pratique de l’antiquité relativement au sacrement de baptême, ont été expliquées très au long par dom Chardon, Hist. des Sacremens, t. I, p. 3-405 ; par dom Martenne, De Ritibus Eccles. antiquis, tom. I ; et par Bingham, dans les dixième et onzième livres de ses Antiquités chrétiennes. On peut observer une circonstance dans laquelle les Églises modernes diffèrent essentiellement de la coutume ancienne. Le sacrement du baptême était immédiatement suivi de la confirmation et de la sainte communion, même lorsqu’on l’administrait à des enfans.