Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/229

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cisif, d’assembler un concile général dont il dicterait impérieusement les décrets. Le terrible tremblement de terre de Nicomédie, la difficulté de trouver un lieu convenable, et peut-être des motifs secrets de politique, firent changer les arrangemens. Les évêques de l’Orient reçurent ordre de s’assembler à Séleucie en Isaurie, et ceux de l’Occident tinrent leurs séances à Rimini, sur la côte de la mer Adriatique. Au lieu de ne demander à chaque province que deux ou trois députés, l’empereur convoqua le corps entier des évêques. Après quatre jours de débats violens, le concile d’Orient se sépara sans rien décider. Celui d’Occident continua pendant sept mois. Taurus, préfet prétorien, avait ordre de ne laisser partir les prélats que quand ils auraient unanimement adopté la même opinion ; il était autorisé à exiler quinze des plus indociles, et avait la promesse du consulat en cas qu’il fit réussir cette difficile entreprise. Ses sollicitations et ses menaces, l’autorité du souverain, les sophismes de Valens et d’Ursace, le malaise, le froid, la faim, l’ennui profond d’un exil sans terme, arrachèrent enfin à la répugnance des évêques de Rimini le consentement qui leur était demandé. [A. D. 360.]Les députés de l’Orient et de l’Occident se rendirent à Constantinople dans le palais de l’empereur, et il eut la satisfaction de donner à l’univers une profession de foi qui établissait la ressemblance sans exprimer la consubstantialité du fils de Dieu[1].

  1. Sulpice-Sévère, Histor. sacra, l. II, p. 418-430. Les