Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/277

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Mauritanie étaient peuplés d’une race d’hommes féroces, peu soumis à l’autorité des lois romaines et imparfaitement convertis à la foi chrétienne, mais enflammés d’un zèle aveugle et d’un enthousiasme violent pour la cause de leurs prédicateurs donatistes. Ils voyaient avec indignation leurs évêques exilés, leurs églises démolies, et leurs assemblées interrompues. Les vexations des officiers de justice, soutenues le plus souvent par une garde militaire, étaient quelquefois repoussées avec violence, et la mort de plusieurs ecclésiastiques en possession de la faveur populaire qui furent massacrés dans des émeutes, enflammait ces féroces prosélytes du désir de venger leurs martyrs. Les ministres de la persécution succombaient souvent victimes de leur propre imprudence et de leur cruauté, et le crime d’un tumulte accidentel précipitait les coupables dans le désespoir

    des mêmes événemens. Gratus, évêque de Carthage, commence ainsi les acclamations d’un synode orthodoxe : Gratias Deo omnipotenti et Christo Jesu… qui imperavit religiosissimo Constanti imperatori, ut votum gereret unitatis, et mitteret ministros sancti operis, famulos Dei, Paulum et Macarium. (Monument, vet. ad calcem Optati, p. 313.) Ecce subito (dit l’auteur donatiste de la passion de Marculus) de Constantis regis tyrannicâ domo… pollutum macarianæ persecutionis murmur increpuit ; et duabus bestiis ad Africam missis, eodem scilicet Macario et Paulo execrandrum prorsùs ac dirum Ecclesiæ certamen indictum est ; ut populus christianus ad unionem cum traditoribus faciendam, nudatis militum gladiis et draconum præsentibus signis, et tubarum vocibus cogeretur. (Monument., p. 304.)