Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/387

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rable à ses ennemis[1]. Les gentils, qui suivaient en paix les usages de leurs ancêtres, furent plus surpris que charmés de l’introduction de ces mœurs étrangères, et durant le court intervalle de son règne, Julien eut souvent occasion de se plaindre du défaut de ferveur de son parti[2].

Les philosophes.

Son fanatisme le portait à regarder les amis de Jupiter comme ses amis personnels ; et quoique dans sa prévention ce prince fit peu de cas de la constance des chrétiens, il admirait et récompensait la noble persévérance de ceux des idolâtres qui avaient préféré la faveur des dieux à celle d’un empereur[3]. Ceux qui étaient en même temps disciples de la littérature et de la religion des Grecs, avaient un titre

  1. Saint Grégoire de Nazianze emploie tour à tour, sur cet objet, la plaisanterie, la sagacité de son esprit et sa dialectique. (Orat. 3, p. 101, 102, etc.) Il tourne en ridicule la folie de cette vaine imitation, et il s’amuse à examiner quelles leçons de morale et de théologie on pourrait tirer des fables grecques.
  2. Il accuse un de ses pontifes d’une secrète confédération avec les évêques et les prêtres chrétiens (épître 62), ορων Ȣν πολλην μεν ολιγωριαν Ȣσαν ημιν προς τȢς θεȢς ; et il revient sur cette accusation dans l’épître 63, ημας δε Ȣτω ραθυμως, etc.
  3. Il loue la fidélité de Callixène, prêtresse de Cérès, qui avait été deux fois aussi constante que Pénélope ; et pour la récompenser, il la nomma prêtresse de la déesse de Phrygie à Pessinunte. Julien (epist. 21) donne des éloges à la fermeté de Sopater de Hiérapolis, dont Constance et Gallus avaient sollicité l’apostasie à diverses reprises.