Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/401

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antique gloire. Les chrétiens étant fermement convaincus qu’un arrêt de destruction avait à jamais frappé tout l’édifice de la loi de Moïse, il voulait tirer du succès de son entreprise un argument spécieux contre la foi due aux prophéties et la vérité de la révélation[1]. Le culte spirituel de la synagogue lui déplaisait ; mais il approuvait les institutions de Moïse, qui n’avait pas dédaigné d’adopter plusieurs des rites et des cérémonies de l’Égypte[2]. Un polythéiste qui ne cherchait qu’à multiplier le nombre des dieux, adorait sincèrement la divinité locale et nationale des Juifs[3] ; et telle était l’avidité de Julien pour

    propagare. (Ammien, XXIII, 1.) Le temple de Jérusalem avait été célèbre même parmi les gentils. Les païens avaient plusieurs temples dans chaque ville (on en comptait cinq à Sichem, huit à Gaza, et quatre cent vingt-quatre à Rome) ; mais la richesse et la religion du peuple juif se trouvaient concentrées dans un seul endroit.

  1. Le dernier évêque de Glocester, le savant et dogmatique Warburton a révélé les intentions secrètes de Julien. Il trace avec l’autorité d’un théologien les motifs et la conduite nécessaire de l’Être suprême. Son discours, intitulé Julien (deuxième édition, Londres, 1751), est fortement empreint de toutes les singularités qu’on reproche à son école.
  2. Je puis me retrancher ici derrière Maimonides, Marsham, Spencer, Le Clerc, Warburton, etc., qui ont franchement tourné en ridicule les craintes, la sottise et les mensonges de quelques théologiens superstitieux. (Voyez Légation divine, t. IV, p. 25, etc.)
  3. Julien (Fragment., p. 295) la nomme respectueusement μεγας Θεος, et il en parle ailleurs (epist. 63) avec