Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/62

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


sur le plancher, soit pour une dépêche pressée, pour visiter ses rondes, ou pour ménager un moment à ses études favorites[1]. Les préceptes d’éloquence qu’il appliquait précédemment à des sujets de pure imagination, furent employés plus utilement à exciter ou à calmer les passions d’une multitude armée ; et quoique l’étude de la littérature et les habitudes de sa jeunesse l’eussent plus familiarisé avec les beautés de la langue grecque, il avait cependant acquis une connaissance suffisante de la langue latine[2]. Julien n’ayant jamais été destiné à occuper ni la place d’un juge, ni celle d’un législateur, il est probable qu’il s’était peu attaché à l’étude de la jurisprudence romaine : mais ses études philosophiques lui avaient donné un respect inflexible pour la justice, que tempéraient ses dispositions à la clémence, la connaissance des principes généraux d’évidence et d’équité, et la faculté de démêler avec patience les questions les plus sèches et les plus em-

  1. La vie privée de Julien dans la Gaule et la discipline sévère à laquelle il s’assujettit, sont rapportées par Julien lui-même et par Ammien (XVI, 5), qui professe une grande estime pour cette conduite, que Julien affecte de tourner en ridicule (Misopogon, p. 240), et qui, effectivement dans un prince de la maison de Constantin, avait droit de surprendre le monde.
  2. Aderat latinè qnoque disserenti sufficiens sermo. Amm., XVI, 5. Mais Julien, élevé dans les écoles de la Grèce, ne regarda jamais le langage des Romains que comme un idiome vulgaire et étranger, dont seulement il pourrait être obligé de se servir en certaines occasions.