Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/27

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inamovible, leurs nombreux subordonnés, leur éloquence populaire et leurs assemblées provinciales, les rendaient toujours très-considérables et souvent dangereux. Les progrès de la superstition augmentèrent leur influence, et l’on peut attribuer en quelque façon l’établissement de la monarchie française à l’alliance de cent prélats qui commandaient dans les villes révoltées ou indépendantes de la Gaule. Les fragiles fondemens de la république armoricaine avaient été ébranlés à plusieurs reprises ou plutôt renversés : mais les peuples conservaient encore leur liberté domestique, ils soutenaient la dignité du nom romain et repoussaient courageusement les incursions et les attaques régulières de Clovis, qui tâchait d’étendre ses conquêtes depuis la Seine jusqu’à la Loire. Le succès de leur résistance leur obtint une alliance honorable. Les Francs apprirent à estimer la valeur des Armoricains[1], qui se réconcilièrent avec les Francs aussitôt après la conversion de ces derniers au christianisme. Les forces militaires qui protégeaient les Gaules étaient composées de cent

  1. Au lieu de Αρβορυχοι, peuple inconnu, dont le nom se trouve dans le texte de Procope, Adrien de Valois a replacé le nom véritable Αρμορυχοι, et cette correction si simple a été approuvée presque universellement. Cependant un lecteur sans prévention serait naturellement porté à supposer que Procope parle d’une tribu de Germains alliés de Rome, et non pas d’une confédération des Villes de la Gaule qui avaient secoué le joug de l’empire.