Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/286

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garius, après avoir infeste plus d’un demi-siècle les mers de Constantinople[1].

Fortifications d’Europe.

Justinien multiplia les fortifications d’Europe et d’Asie ; mais la description de ces timides et vaines précautions découvre à un œil philosophique la faiblesse de l’empire[2]. De Belgrade à l’Euxin, et du confluent de la Save à l’embouchure du Danube, une chaîne de plus de quatre-vingts places fortes s’étendait le long des rives de ce grand fleuve. De simples corps de garde furent convertis en citadelles spacieuses ; on remplit de colons et de soldats, des murailles que les ingénieurs resserraient ou étendaient selon la nature du terrain : une citadelle protégeait les ruines du pont de Trajan[3] ; et plusieurs postes

  1. Procope, l. VIII, 29. Cette baleine venait, selon toute apparence, de fort loin ; car la Méditerranée n’engendre pas cette espèce de cétacée. Balenæ quoque in nostra maria penetrant. (Pline, Hist. nat., IX, 2.) Entre le cercle polaire et le tropique, les cétacés de l’Océan ont jusqu’à cinquante, quatre-vingts ou cent pieds. Hist. des Voyages, t. XV, p. 289 ; Pennant, British Zoology, vol. III, p. 35.
  2. Montesquieu (t. III, p. 503, Considérations sur la grandeur et la décadence des Romains, c. 20) observe que l’empire de Justinien fut comme la France, du temps des Normands, qui ne fut jamais si faible que lorsque tous ses villages furent fortifiés.
  3. Procope assure (l. IV, c. 6) que les ruines du pont arrêtaient le cours du Danube. Si l’architecte Apollodore nous eût laissé une description de ses travaux, son ouvrage ferait disparaître les merveilles fabuleuses de Dion-Cassius, l. XLVIII, p. 1129. Le pont de Trajan avait vingt ou vingt-deux piles en pierre, avec des arches en bois ; la rivière