Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/448

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porte des transports du héros au moment où il reçut cet ignominieux pardon ? On dit qu’il se prosterna devant sa femme, qu’il baisa les pieds de son sauveur, et jura d’être à jamais l’esclave soumis et reconnaissant d’Antonina. On leva sur sa fortune une amende de cent vingt mille livres sterling, et il accepta le commandement de la guerre d’Italie, avec le titre de comte ou de maître des écuries du prince. À son départ de Constantinople ses amis et même le peuple furent persuadés qu’une fois en liberté il ferait éclater ses véritables sentimens, et qu’il sacrifierait à sa juste vengeance sa femme, Théodora, et peut-être l’empereur. On se trompait dans ces conjectures, et sa patience, sa loyauté infatigables parurent toujours au-dessous ou au-dessus du caractère d’un HOMME[1].


FIN DU TOME SEPTIÈME.
  1. Le continuateur de la Chronique de Marcellin donne en peu de mots décens la substance des Anecdotes : Belisarius de Oriente evocatus, in offensam periculumque incurrens grave, et invidiæ subjacens rursus remittitur in Italiam, p. 54.