Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/45

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lennité, le monarque de la Gaule plaça dans l’église de Saint-Martin son diadème sur sa tête, et se revêtit d’une tunique et d’un manteau de pourpre. Après cette cérémonie, il se rendit à cheval à la cathédrale de Tours, semant de sa propre main, dans les rues, des poignées d’or et d’argent, que la populace joyeuse ramassait en répétant à grands cris les noms de consul et d’Auguste. La dignité consulaire ne pouvait rien ajouter à l’autorité légale ou réelle de Clovis. Ce n’était qu’un titre, une ombre de dignité, une pompe vaine ; et ce brillant office, si le conquérant en eût connu et prétendu exercer les anciennes prérogatives, aurait cessé pour lui à la fin d’une année : mais les Romains aimaient à révérer dans la personne de leur maître ce titre antique que les empereurs ne dédaignaient pas de porter ; le Barbare, en l’acceptant, sembla contracter l’obligation de respecter la majesté de la république, et les successeurs de Théodose, en recherchant son amitié, pardonnèrent tacitement et ratifièrent en quelque façon l’usurpation de la Gaule.

Établissement de la monarchie française dans la Gaule. A. D. 536.

Vingt-cinq ans après la mort de Clovis, cette importante concession fut déclarée plus formellement dans un traité entre ses fils et l’empereur Justinien. Les Ostrogoths de l’Italie ne pouvant défendre leurs acquisitions éloignées, cédèrent aux Francs les villes

    Tours était moins respectable ou moins positive (l. II, c. 38, t. II, page 183), je croirais que Clovis reçut, comme Odoacre, le titre et les honneurs permanens de patrice. Pagi, Critica, t. II, p. 474-493.