Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 7.djvu/60

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à offrir ; et ils étaient forcés ou d’abandonner leur cause, ou de soutenir publiquement leur honneur en champ clos. Ils combattaient à pied ou a cheval, selon l’usage de leur nation[1]. La lance ou l’épée décidait la question, et l’événement du combat entraînait la sanction du ciel, du magistrat et du peuple. Les Bourguignons introduisirent dans la Gaule cette loi sanguinaire ; et Gondebaut[2], leur législateur, daigna répondre aux plaintes et aux objections d’Avitus, son sujet. « N’est-il pas vrai, dit le roi de Bourgogne au prélat, que Dieu dirige l’événement des guerres nationales et des combats particuliers, et qu’il accorde la victoire au parti le plus juste ? » À l’aide de ces argumens spécieux, l’usage absurde et barbare des duels judiciaires pratiqués originairement par quelques tribus sauvages de la Germanie, s’introduisit et s’établit dans toutes les monarchies

  1. Dans un duel mémorable à Aix-la-Chapelle, A. D. 820, en présence de l’empereur Louis-le-Débonnaire, son biographe observe, secundùm legem propriam, utpote quia uterque Gothus erat, equestri pugnâ congressus est. Vit. Lud. Pii, c. 33, t. VI, p. 103. Ermoldus-Nigellus (l. III, 543-628, t. VI, p. 48-50), qui décrit le duel, admire ars nova de combattre à cheval, inconnue jusque alors aux Francs.
  2. Dans son édit publié à Lyon, A. D. 501, et qui subsiste en original, Gondebaut établit et justifie l’usage du combat judiciaire. (Leg. Burgund., tit. 45, t. II, p. 267, 268.) Trois cents ans après, Agobard, évêque de Lyon, sollicita Louis-le-Débonnaire d’abolir la loi du tyran arien, t. VI, p. 356-358. Il raconte la conversation de Gondebaut et d’Avitus.