Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 9.djvu/221

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laissa prendre à la superstition le plus sûr et le plus solide empire : passé les premiers désordres de sa jeunesse, Basile II se soumit, soit dans son palais, soit dans son camp, à toutes les mortifications d’un ermite ; il portait un habit de moine sous sa robe et son armure ; il fit le vœu de continence, et le garda ; il s’interdit pour jamais l’usage du vin et de la viande. À l’âge de soixante-huit ans, poussé par son humeur martiale, il était prêt à s’embarquer pour une sainte expédition contre les Sarrasins de la Sicile ; la mort le prévint, et Basile, surnommé la terreur des Bulgares, quitta ce monde au milieu des bénédictions du clergé et des imprécations du peuple. [Constantin IX. A. D. 1025. Déc.]Après sa mort, Constantin son frère jouit environ trois ans du pouvoir ou plutôt des plaisirs de la royauté, et ne prit pour son empire d’autre soin que celui de se choisir un successeur ; il avait eu soixante-six ans le titre d’Auguste, et le règne de ces deux frères est le plus long et le plus obscur de la monarchie de Byzance.

Romain III, Argyrus. A. D. 1028. Nov. 12.

Cette succession en droite ligne de cinq empereurs de la même famille qui avaient occupé le trône l’espace de cent soixante ans, avait attaché les Grecs à la dynastie macédonienne, trois fois respectée par les usurpateurs du pouvoir. Après la mort de Constantin IX, le dernier mâle de cette maison commence une scène nouvelle et moins régulière, où la durée du règne de douze empereurs n’égale pas celle du règne de Constantin IX. Son frère aîné avait préféré à l’intérêt public le mérite particulier de la chas-