Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 9.djvu/358

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mais l’acquisition de ces pays éloignés ajouta plus à sa réputation qu’à sa puissance, et il n’osa point y risquer d’établissement ecclésiastique pour tirer les Barbares de leur vie errante et de leur idolâtrie. Il ne fit que de faibles efforts pour établir quelques canaux de communication entre la Saône et la Meuse, le Rhin et le Danube[1]. L’exécution d’un semblable projet aurait vivifié l’empire, et Charlemagne prodigua souvent à la construction d’une cathédrale plus d’argent et de travaux que n’en aurait coûté cette entreprise.

Ses voisins et ses ennemis.

Si on rapproche les grands traits de ce tableau géographique, on verra que l’empire des Français se prolongeait, entre l’orient et l’occident, de l’Èbre à l’Elbe ou à la Vistule ; entre le nord et le midi du duché de Bénévent à la rivière Eyder, qui a toujours séparé l’Allemagne et le Danemarck. L’état de misère et de division où se trouvait le reste de l’Europe augmentait l’importance personnelle et l’importance politique de Charlemagne. Une multitude de princes, d’origine saxonne ou écossaise, se dis-

  1. Il n’entreprit la jonction du Rhin et du Danube que pour faciliter les opérations de la guerre de Pannonie. (Gaillard, Vie de Charlemagne, t. II, p. 312-315). Des pluies excessives, des travaux militaires et des frayeurs superstitieuses interrompirent ce canal, qui n’aurait eu que deux lieues de longueur, et dont on voit encore quelques vestiges dans la Souabe. (Schœpflin, Hist. de l’Acad. des inscript., t. XVIII, p. 256 ; Molimina fluviorum, etc., jungendorum, p. 59-62.)