Page:Gide - Principes d’économie politique.djvu/11

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Pour les trois sciences notamment qui se touchent de plus près — morale, droit et économie politique — les frontières seront toujours plus ou moins flottantes : certaines institutions, telles que la propriété, la transmission des biens, le salariat, rentrent, dans la juridiction de toutes les trois à la fois. Heureuse pénétration d’ailleurs et très profitable à ces sciences sœurs ! Il suffit de noter que les mêmes objets peuvent être envisagés sous des points de vue distincts et de savoir reconnaître ces points de vue — différents auxquels se placent le moraliste, le jurisconsulte et l’économiste. Or cela est relativement aisé : faire son devoir, — exercer ses droits, — satisfaire à ses besoins, constituent trois fins assez différentes de l’activité humaine. Et c’est cette dernière qui fait l’objet de la science économique.

La plupart des auteurs définissent l’économie politique « la science de la richesse ». Mais cette définition a le double inconvénient : 1° d’employer un mot « la richesse » qui a lui-même le plus grand besoin d’être défini, car nous verrons plus loin qu’il est fort complexe et obscur ; 2° de faire croire, que puisque l’économie politique a pour objet la richesse, c’est-à-dire des choses, elle doit être classée parmi les sciences de la nature qui étudient le monde extérieur. En réalité, la richesse n’ayant d’existence que par les besoins des hommes, étudier la richesse ce n’est pas autre chose qu’étudier l’homme lui-même sous un de ses aspects les plus caractéristiques.

Disons donc que l’économie politique a pour objet les rapports des hommes vivant en société en tant que ces rapports tendent à la satisfaction de leurs besoins matériels et au développement de leur bien-être.



II

LES DIVISIONS DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.


J.-B. Say avait divisé le champ de l’économie politique en trois parties : production, répartition, consommation. Cette