Page:Gide - Un esprit non prévenu, 1929.djvu/32

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Je crois qu’en chaque circonstance j’ai pu discerner assez nettement le parti le plus avantageux que je pourrais prendre, et qui est bien rarement celui que j’ai pris.

Parfois il me semble que je vis ma vie à l’envers, et qu’à l’instant de la vieillesse, ma vraie jeunesse va commencer. Mon âme débuta couverte de rides ; des rides que mes ancêtres et mes parents très assidûment y tracèrent, et que j’eus, pour certaines, le plus grand mal à effacer. Je n’y parvins pas par la lutte, mais en rusant très longuement avec moi même. Je n’y parvins qu’avec l’assentiment des dieux.