Page:Gide - Un esprit non prévenu, 1929.djvu/67

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Querelle absurde. Hugo ne semble pas se douter, disait-on, que les capitaine de marine sont eux aussi des marins ; que le mot de « marin » englobe à la fois les simples matelots et les capitaines. Et l’on cite à l’appui certains vers de Tristan Corbière qui remettrait les choses au point. Évidemment, il ne put venir à l’esprit de Hugo d’opposer marins à capitaines ; le sens du vers est : « Oh ! combien de marins, et, parmi ceux-ci voire même des capitaines ». Il fallait « capitaines » à la rime, non pas seulement rimer avec « lointaines », mais la sonorité de ces deux mots était telle qu’on n’en pouvait souhaiter de meilleurs, de plus évocateurs d’entreprise hardie ; le mot de capi-