Page:Girard - Courses du bois de Boulogne, paru dans Le Monde illustré, 02 mai 1857.djvu/4

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Courses du Bois de Boulogne.


Paris a inauguré dimanche un champ de courses qui n’a rien à envier à ceux de New-Market et d’Epsom. Ni le voile de vapeurs grisâtres qui avait caché l’azur éphémère de nos premiers beaux jours, ni la brise du nord-est qui soufflait piquante dans ce ciel frigide n’avaient pu arrêter le concours de spectateurs empressés d’assister à cette solennité : premières courses du printemps, comme les désigne le programme, auxquelles a fait défaut le printemps seul.

Cet hippodrome, dont l’enceinte n’embrasse pas moins de 62 hectares, étend sa vaste pelouse entre la lisière du bois de Boulogne et la rive droite de la Seine, dans un des plus riants paysages qu’offrent les environs de Paris. C’est, à l’horizon, estompés par la distance, Bellevue cachant sous ses acacias ses châtelets et ses cottages ; Meudon et ses pentes boisées ; Saint-Cloud et sa villa impériale ; plus près, c’est, d’un coté, le fleuve, serrant dans ses bras humides ses îlots de glaïeuls,