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FLORENCE

malheureuse femme, convertit en argent son modeste mobilier, et ayant dit un dernier adieu au ciel qui l’avait vu naître, il s’embarqua avec son enfant pour le Canada.

Après une traversée orageuse, il débarquait à Montréal, en 1818.

L’amour que M. Drusac avait eu pour sa femme, car Jean Drusac aimait sa femme, ce qui l’étonnait fort, il le reporta sur son unique enfant. Enfant que sa femme lui avait laissée comme un souvenir et un pacte inoubliable de leur trop court hymen. S’il continua à adorer l’argent, ce ne fut plus pour lui-même. Ce fut pour sa fille.

Pour sa Florence, Jean Drusac eût vendu son âme.

Aussi, quelle étonnante énergie ne déploya-t-il pas ! Bientôt, l’étude qu’il ouvrit sur la rue Notre-Dame devint une des études les plus achalandées de la ville. S’il continua à demeurer modeste, avare pour lui-même, en revanche rien n’était assez beau, assez riche pour sa fille.

Au couvent, elle devint la compagne intime des demoiselles des premières familles. Elle prit là, en même temps que l’instruction, les manières élégantes du grand monde.

Jean Drusac allait voir Mlle Florence chaque dimanche. Il la bourrait de mille friandises et de menus articles de toilette et de parure qui ravissent toute jeune fille, quelque modeste qu’elle soit.

La nature est là.

Juillet 1837. Florence vient de terminer brillamment ses études, au couvent des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. L’élite de Montréal l’a