Page:Girard - Richard Cobden, paru dans Le Monde illustré, 02 mai 1857.djvu/4

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

à son entrée dans la vie, ce fut elle qui fut la rude compagne de sa jeunesse. Coïncidence étrange ! l’ardent tribun de la liberté du commerce fut réduit, dans son enfance abandonnée, à garder les moutons à l’ombre des murailles féodales du château de Goodwood, résidence du duc de Richmond, destiné à être plus tard l’un des chefs du parti protectionniste.

Son enfance s’écoula dans les misères de cette vie rustique. L’homme qui devait devenir l’un des économistes distingués de l’Angleterre et l’un de ses orateurs les plus connus, vit commencer son adolescence sans savoir ni lire, ni écrire, ni compter ; l’homme qui devait prendre place parmi les riches industriels de Manchester vit sa jeunesse s’écouler dans la plus froide indigence. Recueilli par un oncle, fabricant de cotonnades fines, à Londres, il n’entra dans cette maison que pour la voir s’écrouler dans un désastre.

Son passage rapide n’y fut cependant pas stérile pour son avenir ; un fait avait frappé son esprit observateur et pénétrant, c’était la différence entre le taux des salaires de Londres, où se trouvait concentrée la fabrication des cotons imprimés, et de Manchester, où se confectionnaient