Page:Girardin - La Canne de M. de Balzac.djvu/123

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possesseur d’une nouvelle qui doit avoir la plus grande influence sur les fonds ; je suis venu vous en instruire en toute hâte, en ne demandant, pour prix de ma bonne volonté, qu’un modeste intérêt dans vos opérations.

— Mais, mon cher enfant, dit le banquier en souriant, je ne vous comprends pas, car enfin…

— Et voilà bien le malheur ! s’écria Tancrède ; ah ! monsieur, si je pouvais m’expliquer clairement, si je pouvais vous dire la vérité, comme vous verriez qu’il n’y a pas de doute, je vous tiendrais un autre langage, je vous dicterais de plus sévères conditions ; mais j’ai besoin, avant tout, de vous inspirer de la confiance ; et comme rien n’est plus extraordinaire que la situation où je me trouve, je ne suis préoccupé que d’une idée ; c’est de ne point passer à vos yeux pour un fou, et cependant il y a de quoi perdre la tête. Tenir entre ses mains sa fortune, et ne pouvoir la faire ! et cela parce qu’on est inconnu. Croyez, Monsieur, que si j’avais le moindre crédit, je ne viendrais pas vous tourmenter, j’aurais bien