Page:Giraudoux - Électre.djvu/109

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serait un fratricide. L’idéal serait que l’épée la tue toute seule. Qu’elle sorte un jour du fourreau, comme cela, et qu’elle la tue toute seule. Moi j’épouserais tranquillement Égisthe… Nous te rappellerions. Il prend de l’âge, Égisthe. Tu lui succéderais bien vite… Tu serais le roi Oreste.

DEUXIÈME EUMÉNIDE. – Une épée ne tue pas toute seule. Il faut un assassin.

PREMIÈRE EUMÉNIDE. – Évidemment. Je devrais le savoir. Mais je parle pour le cas où les épées tueraient toutes seules. Les redresseurs de torts sont le mal du monde. Et ils ne s’améliorent pas en vieillissant, je te prie de le croire. Alors que les criminels sans exception deviennent vertueux, eux, sans exception, deviennent criminels. Non, vraiment ! Il y a une belle occasion en ce moment pour une épée qui penserait toute seule, qui se promènerait toute seule, qui tuerait toute seule. Toi, on te marierait, à la