Page:Giraudoux - Électre.djvu/199

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ÉLECTRE. – Nous différons sur les périls.

ÉGISTHE. – Tu reconnais que si j’épouse Clytemnestre, la ville se tait, les Atrides se sauvent. Sinon, c’est l’émeute, c’est l’incendie ?

ÉLECTRE. – C’est très possible.

ÉGISTHE. – Tu reconnais que seul je puis défendre Argos contre ces Corinthiens qui arrivent déjà aux portes de la ville ? Sinon, c’est le pillage, le massacre ?

ÉLECTRE. – Oui. Vous seriez vainqueur.

ÉGISTHE. – Et tu t’obstines ! Et tu me ruines dans ma tâche ! Et tu sacrifies à je ne sais quel songe ta famille, ta patrie ?

ÉLECTRE. – Vous vous moquez de moi, Égisthe ! Vous qui prétendez me connaître, vous me croyez de la race à laquelle on peut dire : Si tu mens, et laisses mentir, tu auras une patrie prospère. Si tu caches les crimes, ta patrie sera victorieuse ? Quelle est cette pauvre patrie