Page:Giraudoux - Électre.djvu/206

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ÉLECTRE. – C’est un petit devoir. Je sauve leur regard… Vous l’avez assassiné, n’est-ce pas ?

CLYTEMNESTRE. – Qu’oses-tu dire, fille ! Tout le monde sait que ton père a glissé sur le dallage !

ÉLECTRE. – Le monde le sait parce que vous l’avez raconté.

CLYTEMNESTRE. – Il a glissé, folle, puisqu’il est tombé.

ÉLECTRE. – Il n’a pas glissé. Pour une raison évidente, éclatante. Parce que mon père ne glissait jamais !

CLYTEMNESTRE. – Qu’en sais-tu ?

ÉLECTRE. – Depuis huit ans j’interroge les écuyers, les servantes, ceux qui l’escortaient les jours de pluie, de grêle. Jamais il n’a glissé.

CLYTEMNESTRE. – La guerre avait passé sur cette légèreté.

ÉLECTRE. – J’ai questionné ses compagnons de guerre. Il a franchi le Scamandre sans glisser. Il a pris d’assaut les