Page:Giraudoux - Électre.djvu/52

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


d’un autre, à votre place. Son petit œil froid, c’est votre œil. Ses piquants, c’est votre barbe. Son sang, c’est votre sang. Je les ramasse toujours ceux-là, d’autant plus que ce sont les plus jeunes, les plus tendres à manger. Passé un an, le hérisson ne se sacrifie plus pour l’homme… Vous voyez que j’ai bien compris. Les dieux se sont trompés, ils voulaient frapper un parjure, un voleur, et ils vous tuent un hérisson… Un jeune…

ÉGISTHE. – Très bien compris.

LE MENDIANT. – Et ce qui est vrai pour les hérissons, c’est vrai pour les autres espèces.

LE PRÉSIDENT. – Bien sûr ! Bien sûr !

LE MENDIANT. – Comment, bien sûr ? C’est complètement faux. Prenez la fouine. Tout président du tribunal que vous êtes, vous n’allez pas prétendre que vous avez vu des fouines mourir pour vous ?

ÉGISTHE. – Vous permettez que