Page:Giraudoux - Adorable Clio.djvu/66

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de ses poches, comme autrefois quand une balle passait dans le voisinage. Il s’agissait, il s’agissait justement d’identifier Pavel.

C’était peut-être Pavel. Mais rien, comme d’ailleurs jadis dans ses vestons, qui aidât à le reconnaître. Il déchirait ses lettres dès qu’il les avait lues, ses photographies dès qu’il les avait vues et c’est encore dans la glace qu’il se regardait le plus longuement. Rien qu’on n’ait pu trouver dans la poche du premier tué venu ; à part justement un petit miroir cerclé d’or, tout ce que contiennent les poches d’un soldat : du côté droit, ce dont on a besoin à chaque heure, ce qu’on atteint facilement, un porte-monnaie décousu dont on pouvait obtenir les sous en le secouant comme une tirelire ; un gros couteau de l’armée suisse, pays où l’on mange ; un mouchoir tout rouillé, rouge et vert, à dessins anglais, pays des rhumes ; du côté gauche, ce qui n’est nécessaire que toutes les semaines, tous les mois : un jeune porte-monnaie en cuir violet, un petit cou-