Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/106

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JUPITER. — Pour la première fois, j’ai tenu dans mes bras une créature humaine sans la voir, et d’ailleurs sans l’entendre… Aussi, je l’ai comprise.

MERCURE. — Que pensiez-vous ?

JUPITER. — Que j’étais Amphitryon. C’est Alcmène qui avait remporté sur moi la victoire. Du coucher au réveil, je n’ai pu être avec elle un autre que son mari. Tout à l’heure, j’ai eu l’occasion de lui expliquer la création. Je n’ai trouvé qu’un langage de pédagogue, alors que devant toi tout mon langage divin afflue. Veux-tu que je te l’explique, tiens, la création ?

MERCURE. — Que vous la refassiez, à la rigueur, j’accepte. Mais je n’irai que jusque-là.

JUPITER. — Mercure, l’humanité n’est pas ce que pensent les dieux ! Nous croyons que les hommes sont une dérision de notre nature. Le spectacle de leur orgueil est si réjouissant, que nous