Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/147

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LÉDA. — Assaillie, doucement assaillie. Caressée soudain par autre chose que par ces serpents prisonniers que sont les doigts, ces ailes mutilées que sont les bras ; prise dans un mouvement qui n’était plus celui de la terre, mais celui des astres, dans un roulis éternel : bref un beau voyage. D’ailleurs vous serez mieux renseignée que moi dans un moment.

ALCMÈNE. — Il vous a quittée comment ?

LÉDA. — J’étais étendue. Il est monté droit à mon zénith. Il m’avait douée pour quelques secondes d’une presbytie surhumaine qui me permit de le suivre jusqu’au zénith du zénith. Je l’ai perdu là.

ALCMÈNE. — Et depuis, rien de lui ?

LÉDA. — Je vous dis, ses faveurs, les politesses de ses prêtres. Parfois une ombre de cygne qui se pose sur moi dans le bain, et que nul savon n’enlève…