Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/41

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AMPHITRYON. — J’abaisserai mon casque. La Méduse y est sculptée.

ALCMÈNE. — C’est le seul portrait de femme que je te permette. Oh ! tu t’es coupé, tu saignes ! Laisse-moi boire sur toi le premier sang de cette guerre… Vous buvez encore votre sang, entre adversaires ?

AMPHITRYON. — À notre santé mutuelle, oui.

ALCMÈNE. — Ne plaisante pas. Abaisse plutôt ce casque, que je te regarde avec l’œil d’un ennemi.

AMPHITRYON. — Apprête-toi à frémir !

ALCMÈNE. — Que la Méduse est peu effrayante, quand elle regarde avec tes yeux !… Tu la trouves intéressante, cette façon de natter ses cheveux ?

AMPHITRYON. — Ce sont des serpents taillés en plein or.

ALCMÈNE. — En vrai or ?