Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/71

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ALCMÈNE. — Je ne m’en souviens pas. Peut-être…

JUPITER. — Tu ne sens pas, sous ces jeunes étoiles, ton corps s’épanouir et ton cœur se serrer, en pensant à un homme, qui est peut-être d’ailleurs, je l’avoue, très stupide et très laid ?

ALCMÈNE. — Il est très beau, et trop spirituel. Et en effet, j’ai du miel dans la bouche quand je parle de lui. Et je me souviens du vase d’or. Et c’était lui que je voyais dans les ténèbres. Et qu’est-ce que cela prouve ?

JUPITER. — Que tu as un amant. Et il est là.

ALCMÈNE. — J’ai un époux, et il est absent. Et personne ne pénétrera dans ma chambre que mon époux. Et lui-même, s’il déguise ce nom, je ne le reçois pas.

JUPITER. — Jusqu’au ciel se déguise, à l’heure où nous sommes.