Page:Giraudoux - Simon le pathétique.djvu/50

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42 mms 1.1 :, urnérxçvn 1

dibil. Vous êtes le seul qui puisse m’assassiner. Vous êtes bien taillé d’ailleurs. Vous devez bien courir. *

Je lui appris que j’étais champion de mon gymnase, en sur seconde. Il n’eût pas compris le mot lycée, le mot rhétorique. — Et les poids, les haltères ? demanda-t-il, les Allemands sont plus forts que vous, aux poids ? Je le détrompai. J’expliquai que le record à ’ * bras tendu était détenu par un Français, celui des deux bras par un Suisse, mais de Genève. Il m’écoutait. Il accordaemême aux Français le jeu de tennis, comme il leur accordait les colo- ’< nies. Nous étions maintenant à la porte du château ; quelques éclairs à Pouest indiquaient qu’il pleuvait en France. J’avais honte de ma sottise, de mon enfantillage. J’étais venu lui crier qu’ils n’avaient rien, que Gœthe, — qu’ils ne comprenaient rien, que la musique, la philosophie, que les sciences, — et je n’acharnais à faire l’éloge de notre pugilat et de nos sauteurs à la perche ! Aujourd’hui jepense que chaque âge doit combattre avec ses armes, et qu’après tout il a senti mon poing sous ces modestes gants de boxe.

Adieu, iîtpil. Je mo couche. · 1