Page:Giraudoux - Simon le pathétique.djvu/95

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


l paoumwan une oxmum.x.n 87

le comité de défense, et j’obtins que les pavés fussent de bois. La pierre s’arrêtait juste à la première maison, reprenait à la dernière ; les autos devaient se dire qu’il y avait un grand malade dans cette rue. Souvent, en effet, mon domestique me trouvait étendu sur le tapis :— Monsieur devient créole, disait »il ; monsieur ne sait plus s’asseoir.

Il donnait tous les signes d’une vive inquiétude, ma chambre était la grotte de Capri. Je consentais à ’me dresser, à m’asseoir, de créole tout au plus à devenir Turc... mais la moindre " pensée dans ma tête faisait tout basculer à nouveau. Il posait, vexé, la théière sur la plus haute table. Moi, qui m’étendais dans je ne sais quel esprit d’obéissance, je me taisais, confus, les bras écartés. Mais il eût fallu découper le parquet en croix au-dessous de moi pour me soulever.

— Je laisse Monsieur penser !

Il ne croyait pas si bien dire. Je pensais. Je pensais à ce peintre, là-haut, qui allait sans ’répit de sa cheminée à sa toile, qui peignait à la flamme. Je pensais à ce doux soleil ’qui réchauffe les hommes. Je pensais qu’on eût dû empêcher ce serin, chez ma concierge, de