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Premier péché

bruissement des feuilles d’érable, avez glissé les secrets de votre idéal !

Elles causent, vos exquises confidentes, elles nous révèlent les martyres sublimes, les héroïques renoncements, les espoirs immenses, les dévouements indicibles de vous tous, pères et mères, qui avez donné goutte à goutte, le plus noble des sangs, pour faire une race nouvelle dont la France serait fière.

Es-tu contente de nous, France, ou regrettes-tu les flots rouges versés dans les veines canadiennes ? N’es-tu pas heureuse de te sentir deux cœurs ? Comprends-tu ce qui vit ici d’amour, ou dédaignerais-tu le meilleur de toi, ce que tu as donné avec ta générosité grandiose, sans te demander si le bien ainsi jeté porterait ses fruits ?

France, regarde-nous ! Contemple le drapeau que tu as choisi, il ondule ses plis bleu, blanc, rouge, parmi les feuilles vertes qui fleurissent notre étendard par toute notre terre. Regarde-les s’enlacer dans une fière étreinte ainsi réunis par le souffle puissant qui de tes rives nous apporte tes accents… À tes couleurs, France, nous joignons le vert, jeune peuple qui avons tous les droits d’espérer !

Nous te rendons hommage, avec une gratitude fière. Nous te disons merci, à toi qui nous as donné assez de sang pour en faire une vraie race !

Et dans le berceau des feuilles d’érable, nos fils dorment encore comme les petits exilés d’antan ; et sous leurs premiers regards, nous agitons les couleurs françaises pour apprendre à ces petits que si leur cœur appartient au Canada, il ne doit jamais oublier son salut à la France !