Page:Godwin - Caleb Williams, I (trad. Pichot).djvu/9

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lady Morgan et Godwin lui-même. Néanmoins celui-ci n’aurait pu se plaindre de son heureux rival. C’était Constable, l’éditeur de Walter Scott, qui lui avait demandé Mandeville lors d’une excursion qu’il fit à Edimbourg, où l’auteur de Waverley l’accueillit en frère et parla de lui à son éditeur comme du premier romancier de l’époque.

Godwin jugea prudent, malgré ce compliment, de laisser l’arène libre au nouveau champion, et il revint à son talent de publiciste, en faisant paraître une Réfutation des doctrines de Malthus (1820) ; puis, pendant huit ans, il s’occupa d’une Histoire de la république d’Angleterre, publiée en 1824, 1826, 1827 et 1828. — Un dernier roman, Cloudesley, fit quelque sensation en 1830, et prouva que le feu sacré n’était pas éteint dans l’imagination de l’auteur de Caleb Williams, plus que septuagénaire. Il s’occupa aussi d’une édition complète de ses autres fictions, faisant précéder chaque volume d’une préface nouvelle. L’ouvrage d’autobiographie (Thoughts on man, his nature, productions and discoveries), que nous avons cité en commençant cette courte notice, fut une sorte de testament philosophique qui couronna la carrière de Godwin.


Il nous reste quelques mots à dire sur cette nouvelle traduction de Caleb Williams. Il y a une vingtaine d’années qu’un éditeur nous confia la révision d’une traduction déjà fort ancienne, où nous rétablîmes d’abord de nombreuses suppressions et entre autres le poétique épisode de l’histoire de Laura, cette fille de l’Italie auprès de laquelle Caleb espère avoir trouvé enfin l’obscurité et le bonheur dans un coin du pays de Galles. Mais quand nous