Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/167

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CHAPITRE VII.



C’était sur les domestiques et les subordonnés de M. Tyrrel, que les excès toujours croissans de sa méchanceté se faisaient sentir plus particulièrement. Mais la personne qui en avait le plus à souffrir était cette jeune orpheline dont il a déjà été parlé. La mère de miss Melville s’était mariée imprudemment, ou plutôt malheureusement, contre l’aveu de ses parens, et tous s’étaient accordés, d’après cette démarche précipitée, à lui retirer entièrement leur appui. Son mari avait été réduit à devenir une espèce d’aventurier ; il avait dépensé toute la fortune de sa femme, que la haine irréconciliable de la famille avait diminué fort au-dessous de ses espérances, et l’infortunée était morte de douleur. Sa fille était restée encore enfant sans aucune ressource au monde. Dans cette situation,