Page:Godwin - Les Aventures de Caleb Williams, I (trad. Garnier).djvu/48

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


se retrouverait peut-être jamais, de lire des passages choisis de nos poètes, avec un anglais qui avait autant de goût et de connaissances.

Cette proposition amena nécessairement un commerce plus fréquent. Le comte Malvesi, à son retour, trouva M. Falkland établi dans le palais de Pisani, presque comme un commensal de la maison. Il ne fut pas maître de lui dans une situation aussi critique. Peut-être sentait-il en secret toute la supériorité du jeune anglais, et tremblait-il que ces deux personnes n’eussent déjà fait dans le cœur l’un de l’autre bien des progrès, même avant d’y avoir songé. Il regardait une telle alliance comme faite, sous tous les rapports, pour flatter l’ambition de M. Falkland, et il ne pouvait soutenir l’idée de voir enlever par l’insolence de ce nouveau venu un objet qui faisait tout le charme de sa vie.

Il eut néanmoins encore assez de prudence pour commencer par aller de-